Je viens de terminer un livre acheté complètement au hasard et qui m’a fait passer quelques heures magnifiques. Ca s’appelle “L’élégance du Hérisson” de Muriel Barbery. Les deux héroïnes parlent d’apparences, d’art, de grammaire, de cuisine japonaise, de mouvements et des petits riens comme une tasse de thé :
“Le rituel du thé, cette reconduction précise des mêmes gestes et de la même dégustation, cette accession à des sensations simples, authentiques et raffinées, cette licence donnée à chacun, à peu de frais, de devenir un aristocrate du goût parce que le thé est la boisson des riches comme elle est celle des pauvres, le rituel du thé, donc, a cette vertu extraordinaire d’introduire dans l’absurdité de nos vies une brêche d’harmonie sereine. Oui, l’univers conspire à la vacuité, les âmes perdues pleurent la beauté, l’insignifiance nous encercle. Alors, buvons une tasse de thé. Le silence se fait, on entend le vent qui souffle au-dehors, les feuilles d’automne bruissent et s’envolent, le chat dort dans une chaude lumière. Et, dans chaque gorgée, se sublime le temps”